Marché de l'occasion
koffi Angèle
| 25-08-2026

· Équipe de véhicule
Le marché européen de la voiture d’occasion entame le second semestre 2026 sous une pression renouvelée. Les valeurs résiduelles — la part du prix catalogue initial qu’un véhicule conserve en vieillissant — devraient baisser dans la plupart des grands marchés, bien que JD Power prévoie des baisses relativement modestes hors Italie.
La conjoncture économique n’aide pas. L’OCDE prévoit une croissance du PIB de la zone euro de seulement 0,8 % en 2026, avant une reprise à 1,2 % en 2027. Parallèlement, la Banque centrale européenne projette une inflation moyenne de 3,0 % cette année dans la zone euro, principalement en raison de la hausse des coûts énergétiques.
Les valeurs résiduelles continuent de baisser
Selon JD Power, les valeurs résiduelles ont poursuivi leur normalisation au premier semestre 2026, après les prix exceptionnellement élevés provoqués par les pénuries d’offre durant la pandémie.
L’Autriche, la France, l’Allemagne, l’Espagne, la Suisse et le Royaume-Uni devraient enregistrer des baisses annuelles inférieures ou égales à 2 % d’ici la fin 2026. L’Italie constitue la grande exception, avec une chute prévue de plus de 5 %.
Cette correction plus marquée en Italie s’explique par le fait que les valeurs des voitures d’occasion y sont restées inhabituellement fortes plus longtemps après la pandémie et la pénurie de semi-conducteurs. Le marché rattrape désormais les ajustements survenus plus tôt ailleurs.
L’Espagne reste comparativement résiliente. En juin, les voitures de trois ans ayant parcouru 60 000 km conservaient en moyenne 54,1 % de leur prix catalogue initial, soit le niveau le plus élevé parmi les marchés analysés par JD Power.
Les véhicules plus anciens perdent du terrain
Une évolution inhabituelle se dessine sur le segment des voitures âgées de six à huit ans.
Normalement, les véhicules plus anciens affichent des valeurs résiduelles en pourcentage plus stables, car leur accessibilité maintient une demande relativement soutenue. En 2026, cependant, JD Power observe une plus forte pression sur les prix dans cette tranche d’âge que sur les voitures de moins de trois ans.
Une explication réside dans le fait que les voitures plus anciennes avaient connu des hausses de prix particulièrement importantes pendant la pénurie d’offre. Cela a laissé plus de marge pour une correction des prix une fois la disponibilité améliorée.
L’essor des voitures électriques
Le changement le plus intéressant s’observe entre les différentes motorisations.
Les véhicules électriques à batterie (VEB) d’occasion se vendent plus rapidement dans plusieurs marchés, tandis que les modèles diesel subissent une pression croissante. JD Power attribue une partie de ce changement à la hausse des coûts du carburant, qui rend les véhicules électriques plus attractifs pour certains acheteurs.
L’Allemagne en offre l’un des exemples les plus clairs. La durée moyenne de stockage d’un VEB d’occasion chez les concessionnaires a diminué d’environ 20 jours par rapport à l’année précédente. En mai, les voitures électriques sont passées des motorisations les plus lentes à vendre aux plus rapides.
Les concessionnaires modifiaient également moins fréquemment les prix demandés pour les VEB, signe d’une confiance accrue dans la demande.
En prenant février 2026 comme référence, les prix demandés pour les VEB d’occasion en Allemagne avaient augmenté d’environ 2,9 % en juin. À l’inverse, les prix du diesel étaient environ 3,5 % plus bas. L’Italie a enregistré un recul encore plus marqué du diesel, d’environ 4,1 %.
Un problème différent pour les VE au Royaume-Uni
Le Royaume-Uni illustre pourquoi les valeurs résiduelles des voitures électriques ne peuvent être comprises uniquement par la demande.
Les VEB d’occasion se vendent rapidement, mais leurs valeurs résiduelles en pourcentage restent nettement inférieures à la moyenne du marché, car les voitures électriques neuves ont historiquement affiché des prix catalogue relativement élevés.
En juin, la valeur résiduelle moyenne au Royaume-Uni après 36 mois et 60 000 km était de 46,8 %, contre 33,8 % pour les VEB. En valeur absolue, toutefois, leurs valeurs restantes étaient remarquablement similaires, ce qui montre comment les prix initiaux élevés faussent les comparaisons en pourcentage.
Les spécialistes de l’évaluation chez JD Power estiment qu’une plus grande parité n’est probable que si les prix catalogue des VEB neufs se rapprochent de la moyenne générale du marché. Ils mettent également en garde contre un futur afflux de voitures électriques d’occasion qui pourrait exercer une nouvelle pression sur les valeurs si la demande ne croît pas au même rythme.
Ce que cela signifie pour les acheteurs
Pour les consommateurs, la baisse des valeurs résiduelles crée à la fois des opportunités et des risques. Les personnes à la recherche de voitures d’occasion pourraient trouver des prix de plus en plus attractifs, notamment parmi les véhicules diesel et dans les marchés subissant des corrections plus fortes. Mais les acheteurs qui prévoient de revendre après seulement quelques années doivent porter une attention particulière aux tendances des motorisations.
Les voitures électriques affichent une demande plus forte que ne le suggèrent leurs historiques de dépréciation. Les modèles diesel, quant à eux, deviennent plus vulnérables aux coûts du carburant, à l’évolution des préférences des consommateurs et aux conditions spécifiques de chaque marché national.
Un marché qui se divise selon la motorisation
Les prévisions globales de JD Power restent relativement calmes : la plupart des marchés européens ne devraient connaître que des baisses modestes des valeurs résiduelles d’ici la fin 2026.
Mais sous cette stabilité apparente, le marché devient de plus en plus fragmenté.
La question importante n’est plus simplement de savoir si les prix des voitures d’occasion en Europe augmentent ou diminuent. En 2026, le type de motorisation, le pays et l’âge du véhicule déterminent de plus en plus la direction que prennent les valeurs.